Drame pluriel d’une vindicte populaire/Sentence criminelle, Prince Dubois Onana, Cameroun

Pour son premier long métrage de fiction, on peut dire sans trop se tromper que Victor Onana a donné un coup de maître à travers son film Sentence criminelle. Après sa sortie officielle en salle au Cameroun, Sentence criminelle a l’honneur d’effectuer sa première sortie compétitive au Festival International du Film de Ouidah, Quintessence 2008.

Réalisé en 2007, Sentence criminelle est une fiction de 86 mn inspirée du réel qui embarque le spectateur dans les méandres d’un drame pluriel issu d’une vindicte populaire perpétrée sur la personne d’un jeune footballeur, Ismaël, rempli de rêves. Rêve professionnel mais surtout rêve d’un amour impossible pourtant déjà aux portes du mariage. Le drame de cet espoir est bien montré par les images difficiles de la scène de la vindicte populaire : la population qui par mépris se rue sur le prétendu voleur et le roue de coups et de projectiles jusque mort s’en suive. Et comme si cela ne suffisait pas, le scénario a prévu ce feu qui reste gravé dans la mémoire du spectateur… Ce drame n’est pas isolé. Il est pluriel ; ce que le réalisateur a exprimé à travers le visage défiguré de Sam, fiancée de Ismaël, également brisée dans ses rêves. Drame pluriel, car il s’agit des rêves brisés de plus d’une famille, de la société entière… Drame amplifié par l’impunité, une impunité érigée en principe du plus fort qui consiste à libérer les délinquants grâce à leur lien de parenté avec quelque dignitaire haut placé dans la société.

Le scénario de Prince Dubois Onana est riche de suspense et de rebondissement, sans oublier les belles digressions qui décrochent souvent le sourire du spectateur, parfois même au coeur de scènes dramatiques. Cette prouesse est reconnue par le jury long métrage de la 6ème édition de Quintessence qui a décerné le Prix du meilleur scénario parmi la dizaine de films en compétition.

Il est important de noter le jeu des acteurs qui est remarquable dans ce film, que ce soit du coté « des bons » comme « des méchants ». Ainsi en est-il entre autres de Toni Bath dans le rôle de Sam et de Alain Bomo Bomo dans le rôle de Snake. Les expressions des visages des personnages à l’occasion de plans rapprochés sont également significatives et remarquables dans Sentence criminelle qui a certainement un avenir prometteur.

                                                                                     Charles Ayetan

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