Séquestration, torture et attentat à la pudeur au Centre Hospitalier préfectoral de Mango (Togo)

C’est avec une grande émotion que je (Ndlr, la  Victime : Kondi BILANTE) porte à votre connaissance les évènements douloureux dont je fus victime avec mon collègue KOMBATE  dans le mois de Février 2012 au centre hospitalier préfectoral  de Mango, préfecture de l’Oti (TOGO).

Ces évènements douloureux ont consisté à une séquestration, à une torture cruelle, humiliante et dégradante perpétrée par le Directeur Préfectoral de la Santé de Mango, Dr. KOTOR Nomesi Komi Paul.

Je vous présente à cet effet, l’intégralité de la reconstitution des faits relatifs à la séquestration, à la torture et à l’attentat à la pudeur menée sur la personne de deux infirmiers d’Etat en service au centre hospitalier préfectoral de Mango.

RECONSTITUTION DES FAITS RELATIFS A LA SEQUESTRATION ET A LA VIOLENCE FAITES SUR LA PERSONNE DE DEUX INFIRMIERS D’ETAT BILANTE ET KOMBATE EN SERVICE A L’HOPITAL DE MANGO PAR LE DIRECTEUR PREFECTORAL DE LA SANTE DUDIT HOPITAL.

Les évènements remontent en Février 2012. Je ne me rappelle plus de la date exacte compte tenu de l’atmosphère dans laquelle cette torture s’est déroulée.

Je conduisais un patient au service Ophtalmologie quand le Directeur Préfectoral de la Santé (DPS) docteur KOTOR Nomesi Komi Paul, devant sa porte, m’a appelé dans son bureau.

Je suis alors allé. Arrivé au bureau du directeur, j’ai vu un collègue infirmier, le nommé KOMBATE que le Directeur Préfectoral en train de taper avec des coups violents. Il m’a demandé de rester à côté de KOMBATE et a demandé qu’on lui amène deux lames bistouri.

Quand il a reçu les lames bistouri, il a remis à chacun de nous une lame et a demandé de nous coiffer la barbe sous la menace des coups de poing et de bâton.

Après le rasage de la barbe, le Directeur Préfectoral nous a intimé l’ordre de nous déshabiller sous la pression des coups de poing et de bâton.

Nous avons obtempéré à ses ordres en nous déshabillant jusqu’au slip (torse nu).

Sous la même pression des coups de poing et de bâton, il nous a demandé de nous raser les poils du pubis et des aisselles. Ce qui fut fait car à la moindre réticence, il nous tapait.

L’opération de rasage de la barbe, des poils du pubis et des aisselles terminée, nous avons ramassé chacun ses poils et nous lui avons demandé de sortir les jeter.

Il a catégoriquement refusé et nous a plutôt dit de les jeter dans le panier lui servant de poubelle dans son bureau.

Après cette opération, il a décidé de nous taper encore ; tantôt c’est des coups de poing, tantôt des coups de bâton jusqu’à satisfaction.

Cette triste et atroce épreuve que nous avons subie a été filmée par le Surveillant Général de l’hôpital de Mango, MonsieurATISSO.

NB : Le bâton dont il s’est servi pour nous taper, il l’a cassé du support de la tête de loup.

A 12 H 10 min, le Directeur Préfectoral est rentré chez lui à la maison en nous maintenant bloqués porte fermée à clé dans son bureau. Avant de rentrer à la maison, il a pris soin d’arrêter la climatisation de son bureau et nous a mis en garde de ne pas toucher au climatiseur.

A 14 H 40 min, quand il est revenu, il a aspergé le bureau d’un produit dont j’ignore la nature en disant : « que vos odeurs sortent de mon bureau. »

Le Surveillant Général de l’hôpital, quant à lui, a ramené le fichier vidéo (ce qu’il a filmé) pour lui remettre et il l’a transmis dans son PC par l’intermédiaire du PC du Gestionnaire de l’hôpital Monsieur AGBODAN.

Le lendemain de cette atroce torture humiliante et dégradante, le Directeur Préfectoral était sur la cour de l’hôpital avec le Docteur ALASSANI quand je passais. Il m’a appelé et quand je suis arrivé, il m’a demandé de me déboutonner pour faire voir au Docteur ALASSANI ce qu’il m’a fait hier en lui disant qu’il m’a exorcisé.

D’un geste de refus de la main, le docteur ALASSANI a dit que ce n’était pas nécessaire, lui, il ne regarde pas des choses de ce genre.

Il est à signaler que c’est au bureau du gestionnaire AGBODAN que les gens passaient pousser leur curiosité et voir dans son PC ces images de pudeur.

Après cette torture dans son bureau avec mon collègue KOMBATE, il m’a appelé un jour chez lui à domicile pour me fesser en présence de sa femme, sous menace de licenciement.

Depuis ces évènements, j’ai commencé par ressentir à petits coups des malaises qui se sont accentuées avec le temps (insomnie, hallucinations, perte de connaissance périodique, faiblesse de l’érection).

C’est ainsi que j’ai pris conscience et j’ai porté plainte à la gendarmerie de Mango.

La gendarmerie a, alors diligenté son enquête.

A l’issue de l’enquête, un procès-verbal a été établi et transmis au Président du tribunal de Mango pour dispositions à prendre.

Le Président du tribunal, Monsieur LARE, à son tour, a interpellé le Directeur Préfectoral de la Santé et, après l’avoir entendu, l’a déféré à la prison civile de Mango le jeudi, 30 Août 2012.

Le surveillant de l’hôpital a rejoint son chef  en prison quelques jours plus tard.

–         Le Directeur Préfectoral de la Santé, KOTOR Nomesi Komi Paul, l’acteur principal ou le chef d’orchestre de ce feuilleton de torture a été interpellé et déféré en prison.

–         Le surveillant de l’hôpital qui a filmé la scène de torture a été également interpellé et déféré en prison plus tard.

–         Le gestionnaire de l’hôpital Monsieur AGBODAN qui a transmis le fichier vidéo (images filmées) de la caméra à son PC  et de son PC au PC du Directeur Préfectoral  pour être visualisées, n’a pas été inquiété. Il a joui de son droit de liberté d’aller et venir.

Il est à signaler que c’est dans son bureau que le personnel de l’hôpital allait pousser sa curiosité et voir dans son PC ces images d’attentat à la pudeur.

Comment peut-on expliquer la non inculpation du gestionnaire de l’hôpital Monsieur AGBODAN ?

La non inculpation de Monsieur AGBODAN ne s’explique pas car il a eu aussi un rôle à jouer, celui de transmettre le fichier vidéo de la caméra à son PC et de son PC au PC du Directeur Préfectoral.

La non inculpation de Monsieur AGBODAN traduit dans ce cas de figure le principe de deux poids deux mesures.

C’est une injustice très flagrante.

En principe, AGBODAN doit être interpellé comme le Directeur Préfectoral et le surveillant de l’hôpital.

D’une manière surprise, un coup de théâtre intervient dans ce feuilleton.

Au moment où je m’attendais à l’instruction du juge d’instruction, et à l’audience publique, le Président du tribunal de Mango m’apprend qu’il a pris sa responsabilité d’accorder au DIRECTEUR Préfectoral KOTOR Nomesi Komi Paul la mise en liberté provisoire pour compter du vendredi 21 Septembre 2012, soit après 21 jours d’incarcération à la prison civile de Mango pour une infraction de cette gravité.

C’est ainsi que se termine momentanément ce feuilleton douloureux dont j’ai été victime à l’hôpital de Mango.

–         Qu’est-je fais à Monsieur KOTOR Nomesi Komi Paul pour mériter innocemment un tel traitement ?

–         Qu’est-ce-qui a motivé Monsieur le Directeur Préfectoral de la Santé de Mango à poser cet acte sur ma personne ?

–         Est-ce que ce sont les recommandations d’une secte à laquelle il appartient ?

–         Qu’a-t-il fait de ma barbe ? de mes poils de mes aisselles ? de mes poils de mon pubis ?

A ces questions, seul le Directeur Préfectoral peut répondre.

Il dit n’avoir rien fait de ces poils et de ma barbe, mais il refuse de me les restituer.

–         Quand aura lieu l’audience publique ?

–         Qui va initier cette audience publique ?

Ce sont autant de questions que je me pose sans avoir de réponse.

La lecture combinée du préambule et de l’article 21 de la constitution togolaise du 14 octobre 1992, et de l’article 1erde la convention des Nations Unies contre la torture de 1984, de l’alinéa 2 de l’article 15 du pacte international relatif au droit de l’homme impose et de manière impérative la tenue de cette audience.

Pour terminer, je remets ma santé dans les mains du Directeur Préfectoral

Je lance un appel aux autorités compétentes et les prie de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la tenue de l’audience publique afin que chaque acteur de cette scène douloureuse réponde de son acte d’une part et que désormais des comportements similaires ne se reproduisent plus dans nos structures sanitaires d’autre part.

Je vous remercie

Fait à Lomé le 08 Octobre 2012.

Signé :

La  Victime Kondi BILANTE

Email : gnandibill@yahoo.fr

Camelback28@hotmail.com

Camelback48@yahoo.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s