Incendies au Togo : De la nécessité d’ouvrir un débat sur la « sécurité civile »

Ce matin du 12 janvier 2013, un incendie emporte le bâtiment principal du Grand marché d’Adawlato à Lomé. Marchandises et meubles réduits en cendres. Et risques d’écroulement de l’immeuble sérieusement atteint. Paniques, pleures et désolations des revendeurs et revendeuses dudit marché. Au-delà, indignation de l’ensemble des Togolais. Indignation d’autant plus grande qu’elle s’ajoute à celle née quarante huit (48) heures plus tôt à Kara dans le septentrion du pays. En effet, le 10 janvier dernier, au petit matin un incendie s’était déclenché au Grand marché de Kara qui a réduit en cendres les marchandises et meubles du bâtiment principal dudit marché.

Images de l'incendie du Grand marché d'Adawlato, Lomé (Photos Faustin Wossou)

Images de l’incendie du Grand marché d’Adawlato, Lomé (Photos Faustin Wossou)

Pour l’un et l’autre cas d’incendie, l’on ne connait pas encore les causes. Des enquêtes s’imposent pour faire la lumière sur ces feux qui emportent le poumon de notre économie. Le peuple en attend les résultats. Mais devons-nous attendre passivement, les résultats des enquêtes ? Non.

Une question. Faut-il sauver le Togo ou bien les Togolais ? Cette question mérite bien d’être posée. D’aucuns pourraient répondre : « c’est la même chose ». C’est bien minimiser la nuance, quoique l’une ou l’autre interrogation soit foncièrement liée au regard du lien « ombilical » entre les fils et filles d’un pays, d’une nation, et la terre mère, nourricière.

Une autre question. Faut-il investir davantage dans l’armée, la police et la gendarmerie ou plutôt dans le renforcement du corps des sapeurs pompiers ? Quelques heures après ces drames, les Togolais opteront certainement, pour ne pas dire sans doute, pour la deuxième alternative : les sapeurs pompiers.

Du service national de « sécurité civile »

Face aux feux du premier incendie à Kara, l’on a fait état de l’impuissance de l’unité de sapeurs pompiers de cette ville, la seule qui en dispose après la capitale, Lomé. Les sapeurs pompiers sont sous équipés, avance-t-on. Aujourd’hui, c’est le tour de Lomé. Même constat. Le sous équipement.

Une question encore. Que faire pour que les sapeurs pompiers de notre pays puissent pleinement jouer leur rôle en situation d’incendie ou de sinistre ?

Moi, je proposerais ceci : renforcer l’effectif des sapeurs pompiers. Créer des unités dans toutes les grandes villes du pays. Du moins, dans toutes les cinq régions que compte le Togo. Renforcer l’équipement. Renforcer la capacité dudit corps sur le plan formation.

Faut-il opérer de nouveaux recrutements ? Oui, si les autorités gouvernementales et/ou locales veulent vraiment sécuriser les vies et biens des Togolais.

A l’instar du service militaire, obligatoire dans certains pays, ne faut-il pas envisager au Togo l’éventualité d’instaurer un service national de « sécurité civile » pour les jeunes de notre pays, afin que ceux-ci puissent renforcer au besoin le corps des sapeurs pompiers ou des secouristes en général.

Un service national de « sécurité civile » : obligatoire ou facultatif ? Je pencherai pour un service national facultatif, assorti d’avantages attractifs. Il suffit d’imaginer que dans chaque famille, il y ait une ou deux personnes qui aient reçu une formation d’assistance secours, médical ou de sinistre. C’est d’abord de l’avantage de cette famille, puis de la communauté en général par ricochet.

Par ailleurs, en plus du caractère obligatoire ou facultatif, ce peut-être un service national de « sécurité civile » optionnel entre le secourisme de sinistre et le secourisme médical (pour les premiers soins).

Ce ne sont que des avis. Je ne suis pas spécialiste de « sécurité civile » ; quoique je puisse encore brandir ma carte de secouriste volontaire obtenue après une formation en secourisme (j’en conserve heureusement des bribes de connaissances ou de réflexes) pendant que je poursuivais mon cursus universitaire, en quête de ma licence en droit.

Le débat devrait être ouvert par les premières autorités de notre pays. En attendant, un débat citoyen est ouvert ici. Vos contributions et commentaires sont les bienvenus.

Charles Ayetan

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