Fonds panafricain pour le cinéma et l’audiovisuel : un rêve enfin concrétisé

Le Fonds panafricain pour le cinéma et l’audiovisuel (FPCA) a vu le jour. C’était au cours d’une Assemblée générale constitutive tenue du 4 au 8 juillet dernier à Gammarth, banlieue de Tunis. Ce fonds de soutien aux cinémas africains a été créé sur invitation du ministère tunisien de la culture suite à un long processus résumé dans un communiqué publié à cet effet. Le cinéaste et universitaire tunisien membre fondateur de la FEPACI, Férid Boughedir, est élu président de ladite association.

Les participants résolus pour un meilleur soutien aux cinémas d'Afrique

Les participants pour un meilleur soutien au cinéma

Une rencontre historique qui s’est conclue par l’adoption du projet de statuts et la constitution officielle du FPCA sous la forme d’une association internationale sans but lucratif, donnant enfin une existence légale à un projet qui devenait utopique pour nombre de cinéastes africains.

Un rêve panafricaniste

C’est un symbolique fort que ce projet se soit concrétisé à Tunis, ville d’où est parti officiellement l’élan du panafricanisme cinématographique. C’est en effet à Tunis que les « Journées cinématographiques de Carthage » (JCC), premier festival panafricain de cinéma, sont fondées en 1966 par le critique tunisien Tahar Chériaa. Ce festival a occasionné la rencontre de deux grands noms du cinéma Tahar Cheriaa et Sembène Ousmane qui souhaitaient dès lors que « les cinémas africains puissent compter sur leurs propres forces, en créant des sources de financement et de viabilisation basées sur une coopération Sud-Sud. La naissance de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) en 1970 en est une des résultantes dont les membres portaient depuis quelques années, le rêve du Fonds panafricain pour le cinéma et l’audiovisuel.

Un parcours de combattant

La naissance du Fonds panafricain pour le cinéma et l’audiovisuel est un véritable parcours de combattant. En effet, le projet dudit fonds est d’abord proposé à l’Union Africaine (UA) au sommet de Maputo en 2003 par les cinéastes africains, puis à  Johannesburg en 2006 sans suite notable. Les cinéastes se tournent alors vers l’organisation internationale de la francophonie (OIF), qui avait depuis 25 ans l’expérience de la gestion d’un fonds de soutien financier limité au cinéma francophone du Sud. C’est ainsi que le Secrétaire Général de l’OIF, Son Excellence Abdou Diouf, accepte en 2010 de dépasser les limites linguistiques et géographiques de son organisation pour soutenir financièrement et logistiquement les premiers pas du projet, en demandant à tous les chefs d’État africains de faire de même. Il aura aussi fallu que la Tunisie manifeste et concrétise sa volonté, et que les dernières lignes droites fussent tracées au neuvième congrès de la FEPACI tenu en mai 2013 à Johannesburg.

Le Sénégal appelé en soutien légitime

L’OIF, comme la FEPACI dont elle avait été le premier partenaire sur ce projet, est membre de plein droit de l’association FPCA et aura un représentant au sein de son conseil exécutif. L’assemblée constitutive du FPCA a demandé à ses deux membres fondateurs sénégalais, le critique et universitaire Baba Diop, président de la Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC), et le cinéaste co-fondateur des rencontres cinématographiques de Dakar, Ousmane William Mbaye, de transmettre aux autorités sénégalaises, au plus haut niveau, leur souhait qu’un second Bureau africain du FPCA puisse en toute légitimité historique être installé à Dakar, en même temps que celui de Tunis, et cela en hommage aux deux grands pionniers du cinéma africain que furent Sembène Ousmane et Tahar Chériaa.

Les membres du conseil exécutif

  • Président : Férid Boughedir (Tunisie) est critique de cinéma et universitaire. Il est également l’auteur de cinq longs-métrages de cinéma dont « Halfaouine, l’enfant des terrasses » et « Caméras d’Afrique ».
  • Trésorière : Alimata Salembéré (Burkina Faso) est l’une des fondatrices du Fespaco. Elle a été ministre de la Culture de son pays de 1987 à 1989 avant d’être la première femme à occuper un poste de direction à l’Organisation internationale de la Francophonie.
  • Secrétaire générale : June Givanni, originaire des Caraïbes et actuellement basée à Londres, elle intervient dans le cadre de plusieurs festivals internationaux et fait partie du comité responsable du programme Africa First, qui soutient la production de courts-métrages africains.
  • Vice-Président : Keith Shiri (Zimbabwe) est consultant dans le domaine du cinéma. Il dirige notamment le London African Film Festival et fait partie du comité du programme Africa First.
  • Vice-Président : Abraham Haile Biru (Ethiopie) est directeur de la photographie. Il a travaillé sur plusieurs longs-métrages d’Abderrahmane Sissako et Mahamat Saleh Haroun et dirige l’école de cinéma « Blue Nile » qu’il a fondée à Addis Abeba. Il a également créé le festival « Colors of the Nile » et occupe le poste de Secrétaire pour l’Afrique de l’Est de la FEPACI.

Charles Ayetan

 

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