Eau et assainissement en Afrique : vers le 3ème Forum de haut niveau d’Abidjan

M. Edoh Agbo, chargé de programme à l'EAA-Togo

M. Edoh Agbo, chargé de programme à l’EAA-Togo

Un Forum de haut niveau sur l’eau et l’assainissement se tiendra à Abidjan en Côte d’Ivoire du 21 au 23 novembre prochain. Cet événement coïncide avec le jubilé d’argent, 25 ans d’existence, de l’agence intergouvernementale panafricaine Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA). Ces événements ont été annoncés au cours d’une conférence de presse le 11 octobre dernier au siège de la section togolaise de cette agence à Lomé.

Troisième Forum de haut niveau (FHN) sur l’eau et l’assainissement en Afrique après Ouagadougou en 2011 et Dakar en 2012, la rencontre d’Abidjan va consister en des sessions plénières, des sessions parallèles, des panels, etc. « Promotion d’une coopération vivante et efficace entre les pays du Sud pour accélérer l’accès à l’hygiène, l’assainissement et l’eau pour tous en Afrique » est le thème du FHN 2013. Il s’agit d’un cadre d’échanges d’expériences pour le « renforcement des capacités institutionnelles » et le « développement des opportunités d’affaires ». Environ 1000 participants dont 300 investisseurs des pays émergents du Sud et d’éminentes personnalités et spécialistes des secteurs de l’eau et de l’assainissement en Afrique et dans le monde sont attendues à ce rendez-vous international du donner et du recevoir, ont indiqué les organisateurs.

Des réformes et progrès

La conférence de presse a été l’occasion pour l’EAA de présenter aux professionnels des médias, le parcours de ses 25 ans, les activités menées et les résultats obtenus en faveur de l’amélioration de l’accès des populations à l’eau potable et à l’assainissement. M. Edoh Agbo, chargé de programme de l’EAA-Togo, a procédé à un bref historique et bilan de l’EAA durant le quart de siècle écoulé depuis sa création. Il était appuyé par MM. Lawani Waïdi, responsable administratif et financier, et Hermann Houessou, chargé de mission au sein de l’EAA,  qui ont tous contribué à la présentation du bilan et des perspectives de l’agence.

Un bilan mitigé

L’agence panafricaine EAA est née en 1988 sous l’appellation de Centre régional pour l’eau potable et l’assainissement (CREPA). De réformes en réformes, le CREPA devient l’agence intergouvernementale panafricaine Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA). Si le CREPA regroupait déjà 17 pays africains, l’EAA aujourd’hui regroupe 32 pays. L’agence compte désormais trois organes spécialisés à savoir, le Groupe d’entreprise et d’investissement (GEI), le Centre de recherche et de compétence (CRC) et la Fondation EAA. Cette agence offre un accompagnement multiforme aux Etats dans l’élaboration, la mise en œuvre, puis le suivi-évaluation des politiques dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Selon le chargé de programme Edoh Agbo, le bilan du premier quart de siècle représente environ 70 milliards de francs injectés dans le secteur de l’eau et de l’assainissement sur le continent africain, favorisant ainsi l’accès à l’eau d’environ 10 millions de personnes. L’EAA a aussi « favorisé l’accès aux services d’eau potable et d’assainissement à au moins 25 millions de bénéficiaires à travers plus de 32 pays africains ».

Malgré les efforts consentis et les résultats positifs enregistrés, le bilan reste mitigé. Aussi signale-t-on qu’à ce jour, plus de 300 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable et plus de 600 millions demeurent sans installations sanitaires adéquates.

Défi et ambition

Grâce aux actions de sa Fondation qui représente l’entité sociale de l’EAA, « 50 millions de personnes auront accès aux services améliorés d’eau, d’assainissement et d’hygiène en Afrique d’ici à 2015 ». Voilà l’une des perspectives de cette agence ne couvre encore que 32 pays, le 33ème annoncé pour fin 2013, sur les 54 pays d’Afrique.

Si « l’accès à l’eau potable, à l’assainissement décent et à l’hygiène est essentiel à la vie et à la santé humaine », il est foncièrement regrettable de constater que les chiffres font état de plus de 780 millions de personnes vivant majoritairement dans les pays en voie de développement et dont plus de 50 % en Afrique subsaharienne, n’ont pas suffisamment accès à ces services essentiels en ce 3ème millénaire.

D’autre part, en ce qui concerne l’assainissement et l’hygiène, environ 2,5 milliards de personnes n’y ont toujours pas accès et plus d’un million d’entre eux pratique la défécation à l’air libre. Cette situation est généralement à l’origine des maladies et décès pourtant évitables qui alourdissent les budgets des pays et des ménages destinés aux infrastructures hospitalières. Parmi les conséquences de cette insalubrité, on note les épidémies de choléra qui font rage ça et là.

Charles Ayetan

carlosaye@yahoo.fr

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